Combien d'os dans le corps humain ? 206, mais pas à la naissance

Par Inès Carrère · Publié le

Silhouettes d'un adulte et d'un jeune enfant marchant côte à côte sur une plage à marée basse au crépuscule, reflétées dans le sable mouillé

La réponse tient en un nombre que l’on apprend à l’école : 206. Mais ce chiffre, exact pour un adulte type, cache une histoire plus intéressante. Un nouveau-né a davantage de pièces osseuses qu’un adulte, deux adultes n’ont pas toujours exactement le même nombre d’os, et le squelette que vous portez aujourd’hui n’est pas fait de la même matière que celui que vous aviez il y a quelques années. Voici où se trouvent ces 206 os, pourquoi le compte change au cours de la vie, et comment ce tissu que l’on croit inerte se reconstruit en permanence.

206 os, et la moitié dans les mains et les pieds

Le squelette d’un adulte compte généralement 206 os, un chiffre que la Cité des sciences et de l’industrie reprend dans ses ateliers pour les enfants. Leur répartition surprend : environ la moitié se trouve dans les mains et les pieds, où des dizaines de petits os articulés permettent la finesse des gestes et l’adaptation du pied au terrain. Le tronc en rassemble une bonne partie : douze paires de côtes, le sternum, et une colonne vertébrale formée de 7 vertèbres cervicales, 12 thoraciques et 5 lombaires, prolongées par le sacrum et le coccyx.

Les extrêmes sont connus. Le plus long est le fémur, l’os de la cuisse. Le plus petit, l’étrier, se loge dans l’oreille moyenne : c’est l’un des trois osselets qui transmettent les vibrations du tympan à l’oreille interne. Quant à la mandibule, l’os de la mâchoire inférieure, elle s’articule avec le crâne par une articulation que chaque bâillement pousse au bout de son amplitude.

Pourquoi un bébé en a davantage

À la naissance, le squelette compte nettement plus de pièces, autour de 270 à 300 selon les décomptes. Beaucoup sont encore en partie faites de cartilage et vont fusionner au fil de la croissance.

Le crâne en est l’exemple le plus visible. Chez le nourrisson, ses os ne sont pas soudés : ils sont séparés par des zones souples, les fontanelles, qui laissent le cerveau grandir rapidement avant que les os ne se rejoignent. Plus bas, les cinq vertèbres sacrées fusionnent pour former le sacrum, et les dernières vertèbres se soudent en coccyx.

Les os longs racontent la même histoire. Comme l’explique le dossier de l’Inserm consacré à la croissance, la partie des os longs comme le fémur ou le radius constituée de cartilage de croissance s’allonge, puis se calcifie et se soude pour devenir de l’os adulte. Ce cartilage finit par disparaître : la croissance ralentit puis s’arrête, en général vers 14 à 16 ans chez les filles et vers 16 à 17 ans chez les garçons. Une simple radiographie du poignet permet d’ailleurs à un spécialiste d’estimer l’âge d’un enfant, avec une marge d’erreur de trois à six mois, en observant où en est cette soudure.

Pourquoi le chiffre varie d’une personne à l’autre

Le nombre de 206 est une convention, fondée sur un squelette type. Dans la réalité, plusieurs variations le font bouger d’une ou quelques unités sans qu’il y ait là rien d’anormal.

Il existe d’abord des os sésamoïdes, de petits os qui se forment dans l’épaisseur de certains tendons. La rotule est le seul que tout le monde possède et que l’on compte toujours ; d’autres, dans la main ou le pied, sont présents chez certaines personnes et pas chez d’autres. Le crâne peut aussi abriter de petits os surnuméraires logés dans les lignes de suture. Enfin, la colonne varie : le coccyx compte quatre ou cinq pièces soudées selon les individus, et il arrive qu’une petite côte supplémentaire se forme au niveau du cou.

Ces variations rappellent que le squelette humain est une version parmi d’autres d’un plan commun à tous les vertébrés, décliné de mille façons : chez les oiseaux, par exemple, de nombreux os sont creux et parcourus d’air, un allègement qui rend possibles les vols de milliers de kilomètres des migrateurs. Cette diversité d’un même plan est l’une des manifestations de la biodiversité à l’échelle des formes.

Un tissu vivant qui se reconstruit

On imagine volontiers l’os comme une matière morte, une sorte de charpente minérale. C’est tout l’inverse. Le dossier de l’Inserm sur l’ostéoporose décrit un os en perpétuel renouvellement : des cellules appelées ostéoclastes dégradent et dissolvent l’os existant, tandis que d’autres, les ostéoblastes, fabriquent une matrice neuve, faite de collagène, de calcium et de phosphate. Les ostéocytes, des ostéoblastes devenus matures et emmurés dans l’os, règlent l’équilibre entre les deux. Ce chantier permanent s’appelle le remodelage osseux.

Selon l’Inserm, la masse osseuse augmente jusque vers 25 ans, reste stable un temps, puis la dégradation commence à l’emporter sur la formation, en général autour de 40 à 50 ans. C’est ce remodelage qui permet à un os fracturé de se réparer, et au squelette de s’adapter aux contraintes qu’on lui impose.

Pour sentir cette architecture, posez une main à plat et faites jouer vos doigts un à un : sous la peau du dos de la main, vous suivrez les longs métacarpes, puis les phalanges. Et si une question porte sur votre propre squelette, une douleur ou une fracture, c’est à un médecin qu’elle s’adresse, pas à un article.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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